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Prise au mot

Partie 3

Publié en 2024

Une fois rentrée chez elle, Malika alla immédiatement voir son fils ; se remettrait-il du choc de cet assaut à la banque, sa mémoire et sa sensibilité se révélant aussi rigoureuses qu’instables par moments ?                               Elle fut quelque peu rassurée en le constatant endormi entre les bras de son père, lui-même enfoncé dans le fauteuil du salon.

Les traits tirés Maxence la scrutait patiemment en vue de précisions qui ne vinrent pas.

- Ça s’est passé comment ? Finit-il par demander

- Je ne sais pas. L’inspecteur en chef est futé.

- Futé comment ?

Elle répondit par une grimace.

- Tu crois possible qu’il se doute de quelque chose ?

- Il n’avait pas l’air persuadé par mon récit.

- C’est peut-être son rôle de flic ?

- Peut-être …

Mais elle avait vu les questions qui assiégeaient son regard si insistant sur elle :

  1. "Les brigands auraient paniqué ? Pour quelle(s) raison(s) ?
  2. Ils auraient été pris de folie furieuse ? À cause d’un enfant ?
  3. Pourquoi ne pas l’avoir éliminé Elle ?
  4. Prendre le butin et fuir avec l’otage dont ils se seraient servi ou dont ils se seraient débarrassé selon leurs besoins ?

Et de fait Sam Mac Deal ne croyait pas à la coïncidence entre la menace de la mère et son accomplissement réel.                                                          L’évolution de la situation telle qu'elle la décrivait, n’avait rien de logique.

"Or la vérité était toujours logique.

Le témoignage de la femme - celle qui avait entendu les paroles de la mère adressées au cambrioleur : « Si vous touchez à mon fils, vous serez tous morts dans la seconde -                                                                                                           servait la logique.                                                                                                   Cela cadrait tant avec la réaction du chef des bandits qu’avec la suite tragique.

Tandis que l’assertion maternelle, proche du cliché et irritante pour des cambrioleurs sans scrupules - « J’ai réagi dans la peur … appel au calme … l’innocence de mon enfant …  lui faire du mal … aggraver votre cas … » aurait entraîné une violence contre toutes les victimes du braquage, qu'il s'agisse du fils de la mère des employés ou des clients.

Devait-il envisager une théorie au rasoir d’Ockham ?

Dans un ensemble de modèles expliquant des faits, la préférence doit être donnée à celui qui fait appel au nombre minimal d’hypothèses.

Évidemment, ce fut Salomé fidèle à son intuition flegmatique, qui formula cette préférence pour lui  :

- Elle a peut-être des super-pouvoirs ?

La brigade, dans son entier, éclata de rire.         MAIS PAS Sam.

Ô non. Pas Sam


- Il n’a aucun indice, aucune preuve, reprit le mari de Malika

- Il a du flair et je suis bien placée pour savoir combien l’instinct peut être efficace.

- Il ne peut pas deviner ton don.

- Il peut le sentir. Ce qui peut le conduire à me surveiller de loin ou à me garder à l’œil.

- Ils n’ont ni les moyens ni le temps. Ils vont classer l’affaire.

Si quiconque savait de quoi elle était capable leur vie deviendrait un enfer, la vie du monde entier en fait. Parce ce que pour protéger sa famille, essentiellement leur fils qui hériterait probablement de son pouvoir, elle pourrait aller tellement loin que rien ni personne ne survivrait.


Ce n’est certes pas Sam Mac Deal qui serait alors en mesure de l’arrêter !





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