Pour sa touche d'éphémère
Qu’y a-t-il de plus vivant : un bateau voguant ou un bateau à l’arrêt ?
Les deux !
Réponse agaçante lorsqu'elle permet de se dérober mais dans ce cas, tellement vraie.
Bien qu’ils semblent ancrés dans le port, on les sent prêts à partir comme motivés par le clapotis de l’eau que le pinceau a savamment flouté. Ce besoin d’évasion se fait sentir aussi dans la composition du tableau : la rive et ses quelques maisons n’occupent qu’une part du fond tandis que l’eau envahit les deux tiers de l’espace ; jusqu’au ciel qui s’efface.
La tour d’entrée légèrement mise en avant, devient le symbole du regard sur cet horizon dont elle est la porte d’accès.
Dans une quasi-absence d’ombres le premier bateau fait d’abord surgir sa coque de face soulignant la puissance qui fend les flots et suggérant la liberté dans ses attaches à peine esquissées puis avec juste derrière par la ligne de profil du second, c’est la vitesse qui cette fois est évoquée. Les mats se multiplient parce qu’ils n’attendent que le déploiement de leurs voiles.
L’artiste les veut insaisissables dans leur immobilité, comme la mer.
Tant de clarté ne se veut pas inachevée mais la promesse de moments exaltants que seuls ces bateaux vivront. Ils n’ont besoin d’aucun capitaine, d’aucun équipage pour exister.
Ils SONT le voyage.
Ô Combien aurais-je aimé être Morisot pour avoir peint "Bateaux" !
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Publié en 2024