La petite migraine
Publié le 3 février 2025
Très loin, au fond de l'océan, règne une légende portée par les courants, venue des rivages où respirent les humains.
Ondulant sous les flots, des êtres aux queues de poisson graciles répètent le conte tant chéri ...
Leur chant raconte que l'une d'entre eux, fille de roi, la plus audacieuse et la plus délicieuse, s'éprit d'un humain au point de renoncer à qui elle était, abandonnant sa voix, sacrifiant sa queue de sirène pour celui qu'elle aimait, jusqu'à en mourir lorsqu'il lui préféra une autre.
- Foutaises ! marmonna Lim'al-Üll fort agacée une fois de plus.
Qui avait encore narré cette insipide histoire aux enfants de sa classe ?
De
Quand cet abruti avait coulé à pic après avoir bien pollué les eaux alentour avec les débris de son bateau, son aïeule avait vaguement hésité à le rattraper - et encore plus à le ramener sur terre ferme !
L'asphyxie valait-elle l'effort d'un crole ?
Parce que, BIEN SÛR !
Les fonds marins dans leur TO-TALI-TÉ le savaient, Eux : les sirènes faisaient allergie à l’oxygène.
Ce phénomène scientifique, prouvé de surcroît, avait été lâchement ignoré dans ce récit bordé de fadaises.
De
La sauveteuse héroïque avait risqué ses écailles pour un affreux quatre membres aux poils rêches et à l'odeur de vache cuite.
​
De
Revenu d'un coma larmoyant sous les yeux d'une blondasse qui s'était contenté de le retrouver sur la plage, aucune question basique n'avait encombré le cerveau de ce primate hominidé, à savoir :
Comment était-il arrivé, entier puis vivant JUSQUE-LÀ ?
​
​
Aussi quand ce marin d'eau même pas salée, s'était relevé pour baver devant sa promise, l’héroïne avait-elle bondi des flots pour se réceptionner sur les mains et lui balancer un coup de queue mémorable en pleine tronche !
​
Parce que sa quintuple arrière-grand-mère n'aurait certainement pas nagé en plein mélo. Voilà la vérité. Renoncer à sa queue, à son chant pour un décérébré ?
Et puis quoi encore ?
Si on ajoutait en plus les élucubrations des pieds plats sur les sorcières en pleine mer (ne leur avaient-ils pas absurdement inventé la peur de l’eau ?) - il y aurait eu presque de quoi rire.
​
Mais Lim’al-Üll n’avait pas du tout envie de rire. Au contraire. Dès qu'on remettait le sujet sur le sable, voilà que s’annonçait un mal de crâne ravageur.
Tout ça pour un trouDUC qui n'existait même plus !!!
Créations PCV9: photo de couverture et illustration - TDR
#conte #petite sirène #migraine #andersen #océan #disney #parodie #écriture #auteure #magie #sorcières #faux héros #déception #légende urbaine